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Prologue

Prologue

Ce fut le plus grand choc jamais connu depuis les Temps Anciens. D’horribles tempêtes secouèrent le monde, les montagnes se déplacèrent et s’entrechoquèrent et les rivières débordèrent et inondèrent les villages. Jamais plus il n’y eut de cataclysmes dans ce genre-là et on raconte encore le soir à la veillée au coin du feu les désastres qui touchèrent l’humanité en ce jour sombre.
Car ce ne furent pas que tempêtes, inondations et tremblements de terre qui ravagèrent le monde, Asinvar le Grand Port fut submergé et englouti par la Mer furieuse qui, après des heures où l’ouragan continuait sans cesse de faire rage, parvint à briser les digues. Les éléments déchaînés eurent raison de la cité et aucun de ses habitants n’en sortit vivant.
Les catastrophes plurent toute la journée de partout et n’épargnèrent pas non plus l’intérieur des terres. La plaine d’Eryonne, cultivée et habitée par les Hommes, terres joyeuses et fertiles sur lesquelles ces habitants vivaient en toute quiétude, fut déchirée et scindée en deux parties par une faille profonde, si longue qu’on n’en apercevait point la fin. Les entrailles de la Terre furent ainsi mises à découvert et le feu monta et brûla tout, ne laissant derrière lui qu’une plaine aride et désertée.
Nombre de cités et de royaumes tombèrent durant le Choc et beaucoup de gens disparurent pour ne jamais réapparaître, bien qu’il y eût quand même maintes régions qui ne furent point touchées. Leurs habitants tâchèrent de réparer les dégâts et de faire renaître la gloire d’antan.
Nul ne sut jamais qui ou quoi provoqua cette apocalypse cauchemardesque mais on s’accorda pour dire que de mauvaises choses hantaient de nouveau le monde. Et effectivement, une Ombre étendait de plus en plus ses bras vers le Sud, la patrie des Hommes, et personne n’arrivait à l’arrêter.
La seule et vraie raison ne fut découvert que bien plus tard par une personne, une seule et unique personne.
Celui qui avait déclenché tout ça.
Et qui, qui put croire un seul instant que ce petit nourrisson dans les bras de sa mère avait tué pendant la première heure de sa vie plus de personnes qu’un soldat aguerri ne le ferait durant toute sa vie ?
Personne. Personne même parmi les plus sages ne pouvait le prévoir mais le fait était là, indiscutable : il venait de se dérouler un événement. Un événement-clé qui changera le Destin de l’Humanité à tout jamais.
Argonsth venait de naître.

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Douze ans passèrent depuis le Grand Cataclysme, douze années durant Argonsth, de fragile bambin à robuste jeune homme, avait mûri intellectuellement et physiquement. Dans son petit village de Falister, du nom de celui qui l’avait fondé, il vécut en compagnie de ses parents, eut des amis et des adversaires, tomba amoureux. Le début de sa vie fut donc tout ce qu’il y avait de plus ordinaire.
La vallée sauvage qui abritait Falister et Akagmi, une petite bourgade qu’on pourrait presque comparer à une ville dans cette région peu peuplée, ne fut pas touchée par le Choc. D’ailleurs, ses habitants n’en auraient jamais rien su si la nouvelle du désastre n’y était parvenue quelques années plus tard grâce à un misérable colporteur car, bien qu’une vallée quasi inhabitée et isolée comme celle-ci ne recevait guère de nouvelles du monde extérieur, une apocalypse tel que celui que l’Humanité avait vécu ne passait pas inaperçu, surtout quand celui-ci modifiait la face du monde et ôtait des centaines de vies.
Les gens reçurent la nouvelle dans un silence profond et respectueux mais, il faut également le préciser, sans en être pourtant attristés. Pour eux, le grand monde extérieur, l’Empire des Hommes, les lointaines forêts elfiques, les montagnes naines, ne représentaient dans leur esprit que des vagues souvenirs d’histoires qu’ils avaient entendues dans leur enfance. Libres et indépendants ils vivaient selon leurs propres mœurs et se suffisaient à eux-même. Certes, ils étaient de bons étudiants, certains même érudits, car ils se rendaient tous dans leur jeunesse à l’école pour apprendre la langue des Hommes, l’art des affaires et la logique des chiffres, bien que la géographie et l’histoire de l’Humanité ne fussent que choses obscures dans ces régions retirées de la civilisation.
Dans leur esprit, ils n’en vinrent pas au fait que ce même jour où le monde fut ébranlé, un événement, moindre par rapport à celles du vaste univers, mais important et heureux chez ces Hommes de la Vallée, avait eu lieu au même moment. Ces pauvres Hommes étaient des travailleurs de la terre, non des philosophes et des poètes qui passaient leur journée à méditer devant un paysage, et leurs pensées étaient constamment occupées par leurs propres soucis et, comme dit précédemment, n’avaient que faire des problèmes qui avaient lieu à l’extérieur de leurs propres limites. Akagmi était déjà un bourg lointain pour ceux de Falister et peu d’entre eux avaient eu l’occasion ou l’envie de faire un tel voyage. Seuls les commerçants et les marchands ambulants effectuaient le chemin entre les deux villages plusieurs fois par an pour acheter et revendre des biens.
Mais il ne faut surtout pas les confondre à des paysans et des vendeurs lourdauds et tranquilles, qui vivaient dans leur petit territoire en toute sérénité car ils étaient, contre leur gré probablement, de bons guerriers, entraînés dès leur plus jeune âge à l’arc et l’épée, le bâton et la masse. Non que c’étaient pour eux des passe-temps ou tout simplement le besoin de chasser, à quoi seul l’arc aurait pu vraiment servir, mais le besoin de se défendre contre les menaces venus de l’extérieur.
En effet, les villageois ne redoutaient pas seulement les animaux sauvages, courants dans cette région et dont ils avaient appris à s’en protégé efficacement, mais les forces éparpillées du Pouvoir Sombre qui avait été brisé lors de la Dernière Guerre et qui s’étaient réfugiées dans les montagnes au-dessus de la vallée, sans maître pour les commander bien que toujours en colère et menées par la volonté de leurs seigneurs déchus, celle de détruire toute chose qui fut, qui soit et qui sera. Désorientés du fait que personne ne les gouvernait, ils entreprenaient toutefois avec audace des raids sur Falister et Akagmi, dans leur envie d’anéantir le peuple des Hommes.
Ceux-ci ne s’étaient pas laissés faire, ils construisirent des palissades, organisèrent des tours de garde, façonnèrent une cloche pour l’Hôtel de Ville des deux villages en lieu de tocsin et forgèrent armes et boucliers.
Ces pillards étaient des démons de toute sorte, indescriptibles et nommés par les Humains juste dans le besoin de les reconnaître, et le peuple de la Vallée connaissant et haïssant tous les représentants des Ténèbres ne leur accordèrent aucune pitié car, si il y a bien une nouvelle qui pouvait atteindre ces lieux, qui était capable de traverser monts et vaux, c’est sans aucun doute une rumeur ou une histoire du vaste monde. Celle de la terrible guerre entre les Hommes de l’Empire et les Créatures de l’Ombre leur étaient parvenue et, encore des décennies après, les bonnes vieilles femmes les contaient la veille au soir au coin du feu, se transmettant génération après génération. Ainsi, les Hommes de la Vallée ont appris à détester ces démons en écoutant ces légendes, parce qu’ils étaient humains, que les Hommes sont les Hommes et, qu’au plus profond d’eux ils ne différaient pas plus les uns des autres, qu’ils criaient vengeance, bien que jamais aucun de ceux des deux villages ne participa à la Dernière Guerre.
Cependant, ces dernières lignes ne s’appliquaient pas tout à fait correctement et comprenaient une exception. Qu’importe d’où ils venaient les Hommes se ressemblaient tous, avaient les mêmes pulsions et les mêmes instincts sauf quelqu’un. Et c’est là que débute cette histoire. Car sans lui rien n’aurait changé et aucun cataclysme n’aurait ravagé le monde, ni à sa naissance ni par la suite et jamais, jamais l’équilibre précaire entre le Bien et le Mal n’aurait été rompu.
En effet, malgré tout ce qu’on pourrait penser, Argonsth n’est pas un Homme ordinaire. Et ses choix changeront le Destin de certains pour toujours.

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Mais passons à présent à notre récit : une histoire qui n’aura pas de fin, une histoire qui nous entraînera dans les recoins les plus lointains de l’âme humaine et de l’univers. Deux choses infinies…
Douze années… Une période bien longue pour un Mortel mais si court pour Argonsth, si court par rapport à toutes les aventures qu’il allait vivre bien que chaque instant de sa vie en fût une toute entière. Nous entamerons donc ce récit au tout premier jour, celui où il eut commencé à connaître un peu mieux la personnalité et la façon de penser de la race humaine : son premier jour d’école.


[Si ça vous plaît, dites-le moi et j'affiche le 1er chapitre. Et pour tous commentaires et remarq
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# Posté le vendredi 09 juin 2006 11:40

Modifié le vendredi 09 juin 2006 11:52

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